mardi 19 juillet 2011

Médée.



Médée d'Euripide met en scène la mythologique Médée qui va subir un atroce destin. Elle est l'amante de Jason, de qui elle a deux fils. Elle qui pensait vivre heureuse, va vite déchanter.
Eh oui, Jason est un goujat, et il va épouser la fille du roi de Corinthe Créon.
Médée, totalement éprise, ne va pas pouvoir supporter de coucher seule dans le lit conjugal. Elle va devenir folle à la suite de la trahison de celui qui était tout pour elle, et va concocter la plus infâme des vengeances pour atteindre Jason au plus profond. Créon qui la sait capable du pire, la bannit de Corinthe pour éviter quelque malheur. La pragmatique Médée arrivera à gagner une dernière journée à Corinthe, en jouant avec la sensibilité et la bonté de ce dernier.
Une journée, c'est largement suffisant pour mettre en application son funeste dessein: celui d'enlever la fille de Créon à Jason, et ce par la mort. Sa mort ne suffit cependant pas pour attiser la colère de la triste Médée, qui, dans son ultime sursaut de folie, verse de ses main le sang de ses enfants. La vilaine n'a plus rien à espérer, qu'il souffre autant qu'elle, cette homme qui l'a trainé dans la boue.
Encore une fois, Euripide nous fait couler des larmes d'eau salée avec ce destin funeste d'une famille à partir de la trahison d'un de ses membres. Le lecteur qui avait de l'empathie pour Médée et qui trouvait le mari salaud aura tôt fait de la trouver répugnante. Euripide fait passer Médée de victime à criminelle avec un certain talent. Et l'homme que l'on était près à jeter en opprobre fut sans doute le plus raisonné des deux. Et quand bien même il n'empêcha pas Créon de mettre à la porte Médée et ses enfants, c'est un sort bien cruel auquel il doit faire face.
La tragédie d'Euripide voit aussi l'apparition du fameux Egée qui propose son soutien à la malheureuse. Médée qui même dans la détresse parvient à rester pragmatique et à réfléchir. On en vient même à se demander si son destin est tellement inéluctable (quand on compare à d'autres personnages de l'auteur). Médée semble atteinte de schizophrénie, alliant moment de lucidité et "pétage de plomb complet". Ou la haine est-elle un sentiment si puissant qu'elle peut pousser à tel scénario.
Dans tout les cas, mon opinion concernant Euripide ne fait que croître dans le bon sens au fur et à mesure que je le lis. Et depuis Hokuto no Ken, je n'avais pas ressenti d'émotions aussi fortes émanantes d'une oeuvre d'art. Je ne peux décidément que vous conseiller une nouvelle fois Euripide avec -tragédies complètes aux éditions folio et- ses 700 pages de bonheur!

mardi 26 avril 2011

Tout ce qui est mauvais est bon pour vous.




J'étudie l'influence des jeux vidéos sur les jeunes et les moins jeunes, j'ai un mémoire à rendre et quoi de plus naturel pour moi que défendre un thème qui me tient à coeur: les jeux vidéos.

C'est ainsi que je me suis procuré un livre trouvé par hasard sur amazon, "pourquoi les jeux vidéo et les séries télé rendent intelligent?" de Steven Johnson. J'avais franchement hésité à le prendre, la jaquette et le titre ne me donnait pas plus envie que ça. Peut être que le quatrième de couverture a joué dans cette décision que je ne regrette pas.

Après une définition du mystérieux effet sleeper, l'auteur nous entraîne dans son enfance, où, enfermé dans sa chambre, il jouait à ALBA, un jeu de cartes avec le baseball comme thème. Il deviens un petit pro de statistique et c'est ainsi qu'il introduit la complexité cognitive de la culture de masse, qu'il étend jusqu'aux séries télé et aux jeux vidéo.
Car pour lui, ces deux médias tendent à nous rendre intelligent, de par leur complexité et leur aspect.
Le jeu développe des facultés à résoudre des problèmes, l'auteur illustre son argument avec comme tableau le cultissime the Legend of Zelda. Ensuite, il améliore la concentration, le joueur est projeté dans un monde cohérent où des missions ou des buts se télescopent et dans lequel il n'a pas le temps de se disperser. Le jeu oblige aussi à procéder par une phase de test-essai dans lequel le joueur réussie ou échoue et met tout cela en corrélation. C'est un des points quasi-absent à l'école: la main à la pâte, l'expérimentation.

La télévision, quant à elle, s'est compliquée, l'auteur fait la comparaison entre des séries d'antan comme Starsky&Hutch et plus neuves comme les Sopranos ou 24heures. Et une chose est sûre, la complexité est tirée vers le haut, avec plus de protagonistes à suivre, plus de trames simultanées, ou encore des trames qui tiennent sur plusieurs épisodes. L'auteur parvient, après cela, à crédibiliser l'intelligence des émissions de télé-réalité, comme Greg le millionnaire ou secret story, qui développent une intelligence parallèle à l'intelligence logique: l'intelligence émotionnelle. Le QA (quotient d'autisme, c'est à dire la capacité d'un individu à lire les visages et les émotions d'autrui) des amateurs de Greg se voit stimulé. Mieux: le show de realTV exploite ce dont nul autre programme ne peut se targuer: l'émotion. Les protagonistes ont de vrais émotions, contrairement aux mimiques jouées des acteurs de séries. Les téléspectateurs ne roupillent plus devant leurs postes, même si popcorn et bières dans leurs mains ils ont toujours.

A un moment, Johnson m'a beaucoup plu en détruisant les intellectuels obscurantistes du conservatisme (ça se dit une telle ânerie?), rien qu'en les projetant dans un univers parallèle où les jeux vidéo seraient apparus avant le livre. Ils trouvent ainsi plus d 'arguments en faveur du jeu que le livre n'en possède.

L'ingénieux auteur défend donc une thèse dans laquelle les médias culturelles de masses sont loin d'attirer leurs consommateurs dans un gouffre de la bêtise et de l'analphabêtise, bien au contraire.
Je le conseille à tout ceux qui veulent des arguments contre leurs collègues blâmant les nouveaux médias.

vendredi 15 avril 2011

Le Cyclope




C'est l'histoire du fameux Ulysse et de son équipage qui, après une bataille tumultueuse contre vents et mers, échouent en Sicile, non loin de l'Etna. Ils rencontrent Silène qui, sortant d'une grotte, a subi pareil sort. Il est l'esclave d'un terrible ogre pourvu d'un oeil unique, le Cyclope Polyphème. Ulysse, exténué lui demande de quoi survivre, en échange d'un peu de breuvage: de la liqueur de Bacchus, autrement dit de liqueur de Dionysos ou plus communément du vin (comment ça je me la joue science infuse?!!).

Entre alors en scène, le dit Polyphème. Ulysse, loin d'être un couard, n'a pas l'intention de fuir. Cela va lui couté deux hommes, dévoré par l'ogre. Lui, d'origine d'Ithaque, lui qui vient de triompher de Troie, ne va certainement pas tolérer ça. Mais l'ogre l'a décidé, il mangerait les hommes d'Ulysse avant de finir par ce dernier. Non sans arrière pensée, Ulysse le remercie de ce geste en lui offrant un peu de son breuvage. Son idée, dès lors, est que Polyphème boive dans l'excès, et finisse ivre mort. S'il y parvient, il sera alors facile de tuer le Cyclope une torche dans l' oeil. Euripide, l'auteur, nous décrit d'ailleurs la scène d'une telle violence qu'elle n'a pas à rougir face aux "Hostels" et autres films d' "aventure" comme "Saw".

Je vous conseille très fortement la lecture du Cyclope d' Euripide, qui en plus de montrer la brutalité de la bête mystifiée une nouvelle fois par l'intelligence de l'homme, est une bonne initiation à la culture de la tragédie grecque. Enfin, l'ouvrage écrit il y a 2000 ans reste toujours d'actualité, gare aux excès de liqueur de Bacchus!!

jeudi 14 avril 2011

Lecture d'un jeune geek.

Oilà, après deux ans de non écriture, de plumes sèches, de clavier poussiéreux, de mutisme et d'introversion bloguienne... here comes the time to réécrire à nouveau. Pourquoi réécrire? Parce que j'ai déjà créé deux blogs, un sur le jeu vidéo (arcade style), que je compte reprendre un jour ou l'autre et un sur le jeu de go, que j'abandonne totalement, je ne suis plus qu'un joueur occasionnel, exit le professionnalisme de la profession.
De quoi je vais bien pouvoir te parler ici? et ben de mes lectures, pardi! De manga, en passant par des comics book ou des vrais livres, tu sais, ceux là même qui n'ont pas d'images et qui te bouffe tout ton temps.
En ce moment, je lis The dark knight, quel est le titre de ce livre? et Oedipe Roi (Sophocle) et j'ai bien envie de vous en toucher deux mots.

Eh bien, Here we goooww!! Et pour le titre du blog, ainsi que son adresse url, j'avais pas vraiment d'inspiration au moment où le déclic me vint.